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Le billard au féminin


Le billard est-il mysogine ?

C'est la question qu'on pourrait se poser au vu des statistiques nationales en France : 6 % de femmes en 2016, même si ce chiffre va en augmentant depuis quelques années (5 % en 2013).
La première réponse qui vient à l'esprit des joueurs, c'est que notre sport est trop difficile… Réponse typiquement masculine qui sous-entend que les femmes sont incompétentes. Il semble pourtant évident que le billard, qui ne demande pas de développement particulier de la taille ou de la masse musculaire, fait partie des sports où hommes et femmes sont a priori à égalité. On peut constater d'autre part que de nombreux sports, réputés "virils" comme le rugby ou la boxe française, montrent des statistiques de féminisation très supérieures aux nôtres. Et nous connaissons tous les exploits des femmes au volley, au handball, au tennis ou en athlétisme. Mais il y a des réfractaires. Le président du club d'échecs qui jouxte notre salle de billard m'a expliqué que les femmes étaient très désavantagées de par l'infériorité de leur "équipement intellectuel". Ce qui nous amène à prendre conscience que…

source : FFB
La véritable raison est sociologique.

Notre vénéré Pierre de Coubertin écrivait, en 1901 : " Le rôle de la femme reste ce qu'il a toujours été : elle est avant tout la compagne de l'homme, la future mère de famille, et doit être élevée en vue de cet avenir immuable" et, en 1912 : Les jeux Olympiques constituent "l'exaltation solennelle et périodique de l'athlétisme mâle avec [...] l'applaudissement féminin pour récompense" reflétant ainsi, à l'instar de notre modèle grec, la misogynie de son époque. Misogynie toujours d'actualité (je cite Bernard Lacombe) : "Je ne discute pas avec les femmes de football. Je le dis, c'est mon caractère, c'est comme ça. Qu'elles s'occupent de leurs casseroles et puis voilà, ça ira beaucoup mieux".  Avant 1900, les femmes étaient interdites dans le monde du sport, longtemps cantonnées, et encore maintenant, à un rôle décoratif, style pom-pom girls ou présentatrices dénudées des matchs de boxe. Ce n'est qu'au XXe siècle que les femmes ont investi les différentes disciplines sportives, lentement mais sûrement, mais sont encore aujourd'hui largement minoritaires dans les sports de haut niveau et dans leurs instances. Ce n'est donc pas le billard, mais le sport en général qui est (je cite Chantal Jouanno) "un domaine encore plus misogyne que la politique".

Que peut-on faire pour améliorer la fréquentation féminine de nos salles de billard ?

- Faire des "stages découverte" dans les écoles primaires et surtout organiser des opérations de communication dans les médias ou sur Internet. Nous rions en voyant des images de femmes voilées faire de l'athlétisme en Iran, mais nous réalisons moins qu'il est impossible à une femme d’entrer seule dans une salle de billard sans être immédiatement suspectée par les "mâles" présents de moralité douteuse. Les femmes viennent jouer en groupe ou ne viennent pas. Avons-nous pris conscience que jamais, dans aucun sport, nous ne voyons opposer un homme à une femme ? Le sport est même le dernier bastion des activités humaines où la mixité n'est pas la règle.
- Une fois que les femmes sont entrées dans les clubs, encore faut-il qu'elles y restent. Il est indispensable que les locaux soient accueillants et clairs, que les toilettes soient accessibles et propres, que les joueurs présents soient simplement polis.
Nous avons du pain sur la planche. La féminisation du billard sous-entend une révolution intellectuelle des mentalités masculines et ne pourra se réaliser que graduellement.

Michel Dumas, Commission médicale. FFB

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 INTERVIEW DE DEUX JOUEUSES EN ENTREPRISE


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Bonjour Anne-Justine, bonjour Sara, on aimerait vous connaître ! Pouvez-vous vous présenter ?

Anne-Justine : J’ai 25 ans, je suis chef de projet digital dans une entreprise à Villeneuve d’Ascq, dans le Nord. Je pratique plusieurs sports : la boxe française, le foot en salle, le squash. Je suis curieuse alors je teste plein de sports.

Sara : J’ai 31 ans, je travaille dans l’équipe contenu et notamment pour une application qui s’occupe de la communication client. Pour ma part, j’ai essayé beaucoup de sports. Je faisais du jogging et de la danse. Mon prochain projet : reprendre l’équitation. En ce moment, je pratique le billard et le badminton.


Comment le billard est entré dans votre vie ?

Anne-Justine : Tout à fait par hasard, lorsqu’une table de billard a été installée sur mon lieu de travail. J’ai testé et j’y ai pris goût.

Je n’avais quasiment jamais pratiqué. Sauf, de temps en temps, en repas de famille car mon oncle avait une table de billard chez lui. Il m’est aussi arrivée d’aller jouer dans des bars mais rarement.

Sara : Également par hasard ! Au départ, j’étais un peu hésitante car à chaque pause, la table de billard était prise d’assaut par les garçons. J’avais vraiment envie de jouer et d’apporter une touche féminine et lorsque la table s’est libérée, je me suis dit : ok, il n’y a personne, alors c’est maintenant ! C’est important pour moi de valoriser les femmes. Cela doit, d’ailleurs venir de mon côté féministe ! Et le billard est l’occasion pour moi de le faire tout en y prenant du plaisir.


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À quelle(s) occasion(s) jouez-vous au billard ?

Anne-Justine : Sur ma pause déjeuner, en fin de journée ou quand on a besoin d’une petite pause avec un(e) collègue. On se change les idées et ça nous permet d’être plus efficace ensuite.

Sara : Même chose pour moi. Je joue au moment des pauses que je m’accorde. En plus, c’est un peu ma parenthèse détente de la journée !

Pourquoi jouer au billard vous plait ?

Anne-Justine : Le billard m’aère l’esprit. Je me concentre vraiment sur le jeu et les trajectoires. Cela me force à me couper du boulot. Ce que je trouve cool aussi, c’est qu’il y a énormément d’échanges autour du billard : on observe et parfois on donne des conseils. Il y a un esprit communautaire que j’aime beaucoup !

Enfin, on prend le temps de se poser pour réfléchir et anticiper le coup d’après. Au niveau stratégique, c’est vraiment très intéressant !

Sara : Si je dois résumer ça en deux mots ça serait : plaisir et challenge ! “Plaisir” pour le plaisir de jouer, d'apprendre, et de partager.“Challenge” vis-à-vis des hommes et de ce que le billard peut représenter ! (rires). J’ai longtemps perçu le billard comme un sport d’hommes (de machos devrai-je dire...) puisque c’est ainsi qu’il a toujours été véhiculé par les médias : un passe temps joué dans des clubs de gentlemen, ou encore par des gangsters dans les arrière-salles. J’ai fini par comprendre que le billard est juste victime de sa réputation et qu’il est avant tout un sport exigeant maîtrise et précision.


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Est-ce que vous jouez un peu plus à l’extérieur maintenant ?

Anne-Justine : Oui, ça m’arrive. C’est maintenant moi qui propose d’aller dans des salles commerciales pour jouer au billard. Souvent je n’arrive pas à bien réaliser ce que je prévois, car dès qu’il y a trop de monde autour de moi, je panique mais c’est pas grave parce que j’y joue pour me vider la tête et passer un bon moment.

Sara: J'aimerais beaucoup ! Etant nouvelle dans la région, je n'ai pas encore eu l'occasion de faire le tour des clubs existants.

Aimeriez-vous vous perfectionner ?

Anne-Justine : Je le prends vraiment pour du loisir mais j’avoue que si j’avais l'occasion de faire une session avec un pro, un coach de billard, ce serait cool ! Je serai partante pour faire une initiation ou un stage. Je m’attendrai à intégrer les bonnes bases et ça me ferait plaisir. 

Sara : Oui, sans hésitation ! J'ai tant à apprendre, et on m'a souvent répété qu'il fallait beaucoup pratiquer pour s'améliorer, et peaufiner sa technique. Les compétitions nous permettent de grandir et de nous surpasser.


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Le billard et les hommes, ça vous inspire quoi ?

Anne-Justine : Il se trouve que je fais des sports qui sont très genrés donc je suis souvent confrontée aux jugements et aux remarques, sur tous les sports que je pratique. Je trouve que c’est un truc qui colle à la peau du billard, comme d’autres sports d'ailleurs. Avec le temps, je m’en fiche de ce que les gens pensent. Si je suis attirée par un sport et que j’ai envie de le pratiquer et bien, c’est mon droit. Du coup, j’avoue, je ne me pose pas la question. Après effectivement, il y a davantage, pour le moment, de pratiquants que de pratiquantes. Avoir le billard au boulot, ça ouvre les esprits ! Cela permet de démystifier ce sport et de montrer que le billard est accessible à tout le monde, femmes et enfants. Je pense que c’est un super sport pour les enfants en terme de réflexion, de précision, de concentration. C’est top !

Sara : Ah ! La question que j’attendais ! Personnellement, (et je pense que beaucoup partageront sans doute mon avis) en dépit du fait que les femmes aient investi les différentes disciplines sportives, même celles dites "viriles" je trouve que le billard fait partie de ces sports pour lequel la gent féminine est encore mal représentée. Je pense qu’il y a plusieurs causes :

La première, celle qui me révolte le plus, est l’image de la femme comme objet de figuration. La deuxième est que les hommes n’encouragent pas, voire découragent, les femmes avec des propos qui sous-entendent que les femmes sont moins compétentes, moins précises et moins stratèges. C’est complètement faux !


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Un conseil à donner aux femmes qui aimeraient se lancer ?

Anne-Justine : C’est vrai, j’ai constaté que certaines femmes n’osent pas jouer par peur du regard des autres sur leur niveau ou sur la posture qu’implique le sport billard. Mais finalement, quand on y joue, on n’y pense plus. En tout cas, je leur dirai qu’on n’a pas moins de capacité à se concentrer ou à être précise que les hommes, et que du coup, on peut tout autant faire du billard qu’eux. Nous aussi, on a le droit de sortir, boire un verre et jouer au billard ou aux fléchettes !!

C’est complètement mixte ! Quand je joue, je ne remarque aucune différence de jeu entre les hommes et les femmes. Une femme peut jouer avec force et un homme peut jouer avec finesse et réciproquement. Je n’ai pas identifié de mode de jeu spécifiquement féminin ou masculin.

Sara : Mesdames, osez ! Personne d'autre ne le fera pour vous ! Il faut continuer à bousculer les codes et les habitudes... La féminisation du billard implique la révolution de certaines mentalités réfractaires.

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source 2019 : decathlon et federation française de billard


PARTAGE D'EXPÉRIENCE AVEC MARTINE


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Bonjour Martine, peux-tu te présenter ?

J’ai 52 ans. Je suis chargée de formation dans un centre de formation dédié à l’énergie, joueuse de billard en loisir depuis un certain temps et mariée, depuis 10 ans cette année, à un joueur de billard rencontré ici, au club de Ronchin. Ça nous arrange bien d’aimer le billard tous les deux. On y passe beaucoup de temps, que ce soit en entraînement, en compétition, ou en match amical… Ce serait dommage qu'il y en ait un des deux qui reste seul à la maison.

Comment as-tu connu le billard ?

Grâce à papa dont le rêve d’enfance s’est réalisé le jour où il a fait installer une table de billard français au sous-sol de notre maison. Je ne connaissais pas du tout. Au début, j’ai râlé parce qu’elle a remplacé la table de ping-pong qui permettait à tous les copains de passer régulièrement à la maison. J’y suis allée un peu à reculons au départ et puis j’y ai pris goût. Dans la foulée, j’ai commencé à suivre des cours dans une salle de billard commerciale pour apprendre le B.A.-BA., comprendre comment toucher la bille rouge et la bille jaune ou blanche pointée, avoir un minimum de bonne gestuelle technique et, aussi connaître les points de base. J’ai aimé ça et j’ai continué.


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Fais-tu d’autres sports ?

A l’occasion, de la marche, un peu de vélo, ou quand il ne fait vraiment pas beau, du vélo d'appartement. Je suis sportive puisque le billard est un sport : On travaille la coordination, la concentration et puis, il faut avoir une bonne forme physique  pour pratiquer convenablement. On peut parfois avoir des crampes ou des tendinites. Mais, bon, ça ne m’empêche pas de jouer, je viens quasiment tous les jours.

Qu’est ce qui te plaît vraiment dans le billard français ?

La règle est très simple : Il faut toucher deux billes avec la troisième, le but du jeu étant de faire un maximum de points. C’est finalement assez difficile et parfois frustrant mais quand on arrive à atteindre notre objectif, ça fait vraiment plaisir ! En s’accrochant un peu, on arrive à bien progresser. Ce que j’aime aussi dans le billard français, c’est la construction et la beauté du jeu, l’aspect social et convivial. On est une bande de copains ! On organise des compétitions, des événements locaux et nationaux ou internationaux, on accueille des novices, on partage, on transmet, des enfants viennent, des vieux enfants aussi (rires), ainsi que toutes les générations et on a aussi beaucoup de mixité sociale.


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Concernant le rapport aux hommes ?

Oui, c’est plutôt un sport d’hommes. D’ailleurs, quand on discute avec les autres femmes, elles ont toutes été mises au billard par leur père. Aujourd’hui, il y a des papas qui emmènent leur jeune fille et c’est sympa, je trouve, parce qu’il y a encore quelques générations, on disait : “C’est pas pour les filles, c’est dans des bistrots , il y a des bonshommes qui fument, qui boivent, qui disent des gros mots, et qui font du bruit, bref, c’est pas un endroit pour les filles ! “ C’est aussi pour ça qu’il y a eu un creux de la vague des femmes dans le billard.

Tu gères ça comment ?


Plutôt bien. Souvent, je prenais l’argument de joueuse de billard expérimentée et reconnue. Après, ça dépend des clubs. Ici, à Ronchin, j’ai toujours été bien accueillie.


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Cela n’a jamais été un frein pour toi ?

Non, ça aurait été un frein si, dans un club, j’avais, systématiquement, eu un commentaire mais ça n’a pas été le cas. Après ça interpelle car on me dit souvent : “C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de femmes.”

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes femmes qui ont un peu peur de se lancer ?

Écouter vos envies ! Comme dans la vie courante, entourez-vous des bonnes personnes. Des personnes bienveillantes, à l’écoute et dans le partage. Laissez-vous vivre, écoutez votre instinct et faites-vous confiance ! Aussi, donnez-vous du temps pour comprendre, assimiler les informations et surtout toujours se faire plaisir !


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Comment fais-tu pour convaincre une copine de venir avec toi ?

Je lui propose un défi pour la challenger ! Quelque chose de facile comme ce qu’on peut proposer aux enfants. Par exemple, je lui proposerai de viser la poche en lançant la bille avec la main, le but étant de rendre le billard simple et accessible et de lui donner envie de jouer en s’amusant.

C’est quoi la suite ? Des objectifs ?


Arriver à mieux jouer, à faire des supers séries, à continuer à me faire plaisir et à acquérir plus de savoir-faire. Sinon, rajeunir de 30 ans ! (rires) parce que, quand on est jeune, on apprend et on progresse vite ! Et puis, garder le plaisir de jouer, partager encore ce sport avec mon mari et continuer à accueillir de nouvelles personnes au club.

Alors ? Envie de vous y mettre ? Comme Martine, le sport billard est un bon moyen de s’amuser, de partager de bons moments mais aussi de travailler la coordination et la concentration. Allez, on se lance !


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source 2019 : decathlon et federation française de billard


UN PARTAGE ENTRE MERE ET FILLE


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Pour promouvoir le billard au féminin, la FFB (Fédération Française de Billard) a dédié un week-end à cette cause. Le but ? Dynamiser la pratique féminine qui est encore minoritaire. Pour cette occasion, nous souhaitons vous raconter plusieurs histoires de femmes et de billard. Cette semaine c’est celle de Magali et Maria.

Peux-tu te présenter ?

Magali : je m'appelle Magali, j’ai  51 ans, je vis à Narbonne. Je suis depuis octobre en reconversion professionnelle. Je prépare avec la Fédération Française de Billard un diplôme qui s'appelle le DECF (Diplôme Entraîneur Coordinateur Fédéral). Depuis 2 ans, je m’occupe des féminines de ma ligue (Occitanie) et par ce nouveau diplôme j’espère pouvoir m’occuper des féminines de la France entière. Mais le DECF est surtout pour moi l’opportunité de transmettre aux jeunes 36 ans de pratique et de passion du billard.

Maria : moi c’est Maria, j’ai 19 ans et je suis actuellement en licence en deuxième année de science politique à Lille 2. Avec ce diplôme,  j’aimerais devenir Lobbyiste, j’ai envie de défendre les causes importantes à mes yeux comme : l’environnement, les femmes ou les problèmes de précarité au travail…


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Comment as-tu découvert le billard ?

Magali : j’ai commencé le billard à l'âge de 14 ans. J’habitais à Dunkerque à l’époque et mes parents avaient un café/tabac avec un billard américain. Mon père y jouait souvent avec ses clients. Dans le café, il y avait une arrière-salle où l’on organisait des mariages, mais mon père avait envie de changement et un habitué lui a parlé de “Carambole” (aussi appelé billard français). Il a donc décidé d’en installer deux ! Mes frères ont commencé à y jouer et j’ai adoré les regarder. Je voulais également essayer, mais à cette époque, ce n’était pas normal pour une petite fille de faire du billard. J’ai insisté et j’ai bien fait…. Après 6 mois de billard, je gagne la finale de la ligue et je me qualifie pour la finale France. Je me souviens, ce jour-là George Bourezg (un grand champion), m’avait repérée et est allé voir mon père. Il lui a dit :”votre fille, elle a quelque chose, il faut s’en occuper”.

Je me souviens aussi, en voyant la Championne de France avec sa médaille et ses fleurs, de m’être dit que la prochaine fois, ça serait moi sur cette marche du podium. Et tout s’est déclenché comme ça !

Maria : pour moi, le billard c’est une évidence depuis toute petite, quand je vivais en Grèce mes parents avaient eux aussi un café/billard. Du coup, je me rappelle, petite, avoir essayé de jouer avec mes mains pour tenter de mettre les billes dans les poches ou bien encore tenter de copier ma mère. Mes deux parents jouaient au billard, et donc, j’ai grandi dans ce milieu-là. Je me souviens encore être allée soutenir ma mère lors de ses championnats et j’étais la seule petite fille présente dans la pièce.

Qu’est ce qui t’a plu dans le billard ?

Magali : ce qui m’a toujours attiré dans le billard, c’est le roulement et le contrôle de ses billes : faire rouler les billes, réussir à les maîtriser, essayer d'enchaîner les séries. Ce que j’aime aussi dans ce sport, c’est qu’il est mixte ! Le billard ne demande pas d'effort physique traumatisant. Une femme peut mieux jouer qu'un homme. C’est surtout un sport de concentration, de maîtrise, de discipline et de précision.

Maria : j’adore le billard car, c’est un sport qui, outre la gestuelle exigeante, demande de la réflexion, c’est un sport intellectuel, qui demande de la concentration et c’est ça qui m’attire dans cette discipline ! Je joue aussi au volley et par complémentarité au billard, c’est un sport très actif, et j’aime beaucoup lier les deux.


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Combien de fois et combien de temps t’entraines-tu au billard par semaine ?

Magali : Oulah, ce n’est pas par semaine, mais par jour… Je m’entraînais 6 heures par jour ! À l’époque, quand je travaillais dans le café de mon père je me levais tous les jours à 5 heures du matin, je faisais l’ouverture du commerce avec mes parents, je jouais 3 heures le matin, je mangeais, je travaillais de nouveau et je faisais mes 3 heures l’après midi. Et c’était tous les jours comme ça ! Sinon, 4 mois avant le championnat d’Europe de Ronchin, je pratiquais 3 heures par jour.

Comment je m’entraîne ? J’ai des positions et des enchaînements de point type. Je travaille beaucoup : les rétros, les points de bande, les coulés, les grands coins, etc.

Maria : ça dépend le type de billard. En ce moment, je joue deux fois par semaine au billard américain. Et quand je rentre chez ma mère, elle m’apprend à faire quelques points au billard français. Mais avec mes études, je joue seulement de temps en temps. Le billard est plus un loisir pour moi, je joue parce que je prends beaucoup de plaisir et pour passer un bon moment.


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Quels bénéfices t’apportent le billard dans ta vie de tous les jours ?

Magali : je dirais... Le lien social que ça peut créer ! Grace aux championnats d’Europe, j’ai pu voir ce qui se passait dans les autres pays, comment ils pouvaient vivre le billard, comment ils jouaient et bien sûr, j’ai pu rencontrer du monde. En fin de compte, le billard, c’est une grande famille. Ce que j’aime beaucoup aussi dans le billard, c’est ce qu’il nous apprend en terme respect : le respect de soi, le respect des autres, le respect des règles, l’humilité. Le billard nous apprend à toujours nous remettre en question et à accepter la défaite. Oui, le billard apporte plein de choses.

Maria : le billard m’a appris à me contrôler. En effet, au billard, il faut savoir contrôler ses émotions, ne pas montrer que nous sommes stressés, que nous avons peur de perdre… Le billard m’a appris à avoir un meilleur contrôle de moi-même. Par exemple lors de mes partiels, j’arrive à mieux gérer mon stress.

Le billard vous a-t-il rapprochées ?

Magali : je ne pense pas que le billard ait été un facteur de rapprochement entre moi et ma fille, car nous sommes déjà très proches. Mais c’est sûr que le fait qu’elle aime le billard, c’est super. Quand elle est venue me voir au championnat d’Europe de Ronchin, c’était super qu’elle soit là, qu’elle comprenne le billard et qu’elle ait les mêmes émotions que moi. C’est un grand moment de partage et ça fait du bien au cœur !

Maria : on était déjà proche avec ma mère, donc non pas tant que ça, on s'appelle tous les jours. Je dirais que le billard est un plus ! Ça m’a permis de comprendre sa passion. Quand je la vois s'entraîner et contente de gagner, c'est un vrai plaisir pour moi.et c’est cette passion-là qu’elle m’a transmise. Je dirais plus que c’est un partage, une meilleure compréhension de ce qu’elle peut ressentir quand elle joue au billard. Je sais très bien qu’elle est faite pour jouer au billard, ça, c’est une évidence !


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Un conseil à toutes celles qui souhaiteraient se mettre au billard ? 

Magali : je dirais qu’il faut y aller la tête haute ! Nous sommes égales aux hommes en ce qui concerne l’aspect sportif du billard qui ne demande pas de choses violentes, ni traumatisantes pour le corps. Le billard demande surtout de la réflexion, de la concentration, de l'habileté motrice. C’est un sport où l’on peut prendre autant de plaisir en loisir qu’en compétition. Bref, une femme peut y arriver autant qu’un homme, il faut juste foncer !

Maria : de foncer ! C’est un sport pour tout le monde, mais c’est important de ne pas se comparer aux autres... chacun son niveau !

Et si je devais pousser une copine à se mettre au billard ? Je lui montrerai une vidéo de ma mère. Je trouve ça hyper motivant de voir une femme jouer aussi bien voire mieux qu’un homme.

Des envies ? Des défis ?

Magali : je vais préparer et essayer de gagner mon 12e titre de championne d’Europe qui aura lieu fin avril ! Mon deuxième défi ? Mon diplôme d'entraîneur coordinateur fédéral et puis bien sûr que plus de femme pratique le billard. D'ailleurs, venez découvrir le billard le 10 mars dans un club près de chez vous !

Maria : peut-être un jour, je ferai un championnat de billard, et c’est sûr que ce jour-là ma mère sera mon entraîneur personnel. Mais pour l’instant, j’ai plus envie de me concentrer sur mes études. Ma mère m’a toujours dit “ si tu veux commencer quelque chose, soit sur de le finir”. Donc, je n’ai pas envie de m’engager sur quelque chose dans lequel je ne serai pas à 100 %. Je préfère finir mes études tranquillement et une fois que j’aurais mon Master, je pourrais vraiment me concentrer sur le billard.


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source 2019 : decathlon et federation française de billard


BÉRANGÈRE A TESTÉ LE BILLARD FRANÇAIS ET C'EST DU SPORT !


C’est munie d’une longue expérience (je séchais beaucoup les cours à la fac pour aller jouer au billard) que je suis entrée dans un club de billard. Et j’ai plutôt eu de la chance pour tout vous dire : cette initiation s’est faite avec le président du club de Ronchin (dans le Nord), master en la matière.
Le palmarès du club de billard de Ronchin, habitué des championnats d’Europe, n’est pas en reste. En bref, j’étais bien entourée.

D’abord, la découverte du billard

Enfin, des billards. Parce qu’il existe différentes sortes de billards : parmi les plus répandus : le billard américain (ou billard US), le billard anglais (ou blackball), le billard français et le snooker.

Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur le billard français (que l’on peut aussi appeler “billard carambole”, c’est plus rigolo). Sa particularité ? Peu de billes (oui, de billes. On joue au billard avec des billes et non des boules) sur la table et pas de “poche” (les trous).


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Objectif : avec la première bille, toucher les deux autres. Ça parait simple ? Essayez pour voir.

Ici, on aura le choix entre des tables de 3m10, pour les meilleurs joueurs et des tables de 2m60 pour les autres. Le Président soulignera qu’”en Belgique, on trouve des tables de 2m40”. Pas parce qu’ils sont moins forts, mais “plus intelligents : quand la table est plus petite, le joueur fait plus de points. C’est plus amusant, et on a plus envie d’y revenir.”

Et c’est vrai, dès les premiers tirs, alors que nous parvenons à jouer quelques coups, nous nous prenons déjà au jeu. Et puis, on est vite rassuré : il y a en fait peu de risque de déchirer le tapis. Car oui, si le tapis est bien tendu, ça n’arrive pas, à moins de le faire exprès. Alors, un rapide rappel des règles (avec sa bille, il faut toucher les deux autres. Si je touche les deux, je fais un point. Sinon, c’est à l’autre de jouer.), et c’est parti !

On ne va pas jouer n’importe comment quand même !

Et pour la bonne nouvelle, il faut savoir que « ce que transmet le billard français, c’est aussi la bonne puissance, la juste "mesure". L’idée est de garder les deux billes proches ».


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Le billard, une histoire de mathématiques

« Il faut que tu apprennes à reconnaître les figures semblables. T’es matheuse ou pas ? » Haha !

Ah, mince, ce n’était pas une vanne. Apparemment, l’idée est de remarquer certaines figures et d’anticiper les angles provoqués par le rebond. Technique ? Oui, un peu, mais très clair quand on nous le montre. Ainsi, l’éternelle question, « A quoi ça sert les maths ? », trouve ici une réponse : « à ne pas tirer pour voir. A savoir que ça ne tapera pas la bille ».

Alors, comme je ne suis pas matheuse mais optimiste, il a évidemment fallu que je tire, pour voir. Parce qu’on sait jamais. Avec un peu de chance… Bien sûr, ça a raté. Mais cela rejoint aussi une autre technique d’apprentissage : faire ses propres erreurs, en tirer une leçon et si possible la retenir. A terme, cela forgera notre jeu… pour, pourquoi pas, jouer à l’expérience ?

source 2019 : decathlon


 A LA RENCONTRE D’AURORE


Pour promouvoir le billard au féminin, la FFB (Fédération Française de Billard) a dédié 2 jours à cette cause. Un week-end, pour découvrir et s’initier au billard, et ça… spécialement pour vous mesdames ! En attendant le jour J, nous vous proposons de partir à la rencontre d’Aurore, 26 ans et déjà multiple championne de France (la classe, non ?)


Bonjour Aurore, peux-tu te présenter ?

J’ai 26 ans, je vis à Merville dans le Nord. Je suis chargée d’études statistiques pour Altao. À mes heures perdues ? Je joue au billard (depuis 19 ans) et je fais partie d’une troupe artistique où je chante. En ce qui concerne le billard, j’ai été 3 fois championne de France, 1 fois médaille d’argent, 3 fois de bronze. Et en 2018, j’ai terminé 5ème au championnat d’Europe.


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Comment as-tu découvert le billard ?

Le billard… C’est une histoire de famille. Mon père joue au billard depuis ses 18 ans et il est arrivé au club de Ronchin quand j’avais 1 an, j’ai donc grandi avec tous les membres du club. Pour ma part, j’avais 7 ans quand j’ai commencé. Mon père organisait des stages pour les jeunes pendant les vacances scolaires, un jour, je suis venue avec lui et je lui ai demandé si je pouvais aussi jouer. J’ai essayé puis je n’ai plus arrêté !

Mon petit frère joue aussi au billard depuis l'âge de 10 ans, et en ce moment, avec mon père, ils viennent de se qualifier par équipe pour les phases éliminatoires du championnat de France. Et ma mère ? Elle adore nous regarder !

Qu’est-ce qui t’a plu dans le billard ?


J’adore ça ! Quand j’étais petite, le billard ça m’amusait beaucoup. Taper dans les billes, voir leurs roulements et surtout réussir à faire des points… C’est fantastique ! Maintenant, ce que j’aime aussi dans le billard, c’est l’aspect technique, voir du beau jeu, des points faits à la perfection et ce que l’on peut construire avec seulement 3 billes. Ce qui me plaît dans le billard, c’est aussi son aspect mixte et intergénérationnel. On peut aussi bien rencontrer des jeunes, que des personnes plus âgées. Et ce qui m’a également plu dans le billard, ce sont les liens que ce sport peut créer… Le billard, c’est comme une seconde famille pour moi.


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Quels bénéfices t’apportent le billard dans ta vie de tous les jours ?

Je dirais, une meilleure gestion de mon stress et de mes émotions, une meilleure concentration et de la rigueur. Le billard m’a beaucoup apporté dans ma vie professionnelle aussi. Lors d’entretien de stage par exemple, ma pratique du billard a conforté mon recruteur dans l’idée de me prendre.

Mais ce que le billard m’a surtout apporté, ce sont des amies. Lors du circuit féminin (tournoi permettant de se qualifier au championnat de France), on vient des quatre coins de la France, et on a créé de vrais liens les unes avec les autres et aujourd’hui, c’est pour moi comme une grande bande de copines. On passe d’agréables moments toutes ensemble !


Un souvenir qui t’a marqué ?

Il y en a plein, mais le plus marquant reste le premier Championnat de France que j’ai fait, je me souviens ça m’a marqué, car j’avais 17 ans et une de mes adversaires pour qui c’était son premier championnat aussi, avait 71 ans !

Ensuite, c’est le premier championnat de France que j’ai gagné en 2010. Je venais de sortir de l’épreuve du Bac et le lendemain, je commençais les matchs. Je devais traverser la France et il y avait eu des grèves de train, on a dû partir en catastrophe en voiture. C’était initialement durant mon Bac et “pour une fois qu’une jeune se qualifie” ils ont décidé de décaler les dates (et ils ont bien fait !).

La compétition se déroulait à merveille et j’arrive en finale, j’étais déjà tellement heureuse d’arriver à ce stade du championnat. Mais mon adversaire était bien plus forte, donc je ne me faisais pas de fausses idées, en plus, le billard était très grand et large. Je jouais vraiment avec plaisir sans prêter attention au score, je me souviens me lever pour jouer mon coup et je vois ma mère assise en face de moi en train de sautiller sur sa chaise, je me demandais bien ce qui pouvait se passer. Je regarde donc le score et je me rends compte que j'avais gagné. C’était une merveilleuse surprise pour moi. Et puis, entendre ma mère me dire qu’elle est fière de moi m’a tellement fait plaisir. Pour couronner le tout, la remise de la médaille a été faite par Jean Marty (pour moi, un des plus grand champions de tous les temps). Ça, c’est un souvenir qui m’a marqué !

Enfin, mon père m'a remis mon dernier titre, il était représentant fédéral à ce moment. C’était un moment très fort pour moi, c’était la première fois que je remportais le titre en sa présence et je pouvais voir beaucoup de fierté dans ses yeux. 


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Un conseil à toutes celles qui souhaiteraient se mettre au billard ? 

De tout simplement aller essayer ! De s’y rendre sans a priori et surtout sans hésiter. En plus de ça, la Fédération Française de Billard organise le 9-10 mars des portes ouvertes pour toutes les femmes dans leurs clubs, c’est une super occasion de tenter l’expérience.

Je leur dirai aussi d’aller voir une compétition féminine. Voir toutes ces femmes jouer, franchement, ça donne envie de pratiquer !

Et pour convaincre une copine ? Je la ferai venir jouer avec moi au club, je ferai des jeux ludiques avec elle comme : le 5 quilles, le foot ou encore la pétanque (oui, oui, on parle bien de billard !). Ce sont des jeux vraiment sympas qui permettent d’avoir les premiers gestes. Bien sûr, j’insisterai sur la superbe ambiance qu’il y a dans les salles et clubs de billard !

Des envies ? Objectifs ?

Mon objectif serait d’arriver à faire 10 de moyenne (c’est à dire, que je réussis 10 coups en moyenne à chaque fois que je me lève pour jouer) de façon régulière d’ici la fin de la saison. Ensuite, participer au championnat d’Europe. Pour le moment, je suis la deuxième sélectionnée, donc s’il y a deux places pour la France, je ferai partie de la compétition.

source 2019 : decathlon





EN CONCLUSION, COMME LES BELLES DAMES DU TEMPS JADIS...



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LE BILLARD EST AUSSI FAIT POUR VOUS MESDAMES ET MESDEMOISELLES, CAR...


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Alors, convaincue ? Pas encore... ? Allez voir  notre page santé


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